Le cinéma dans la taïga de Nicolas Vanier

Le cinéma dans la taïga de Nicolas Vanier
L'été dernier, l'explorateur a achevé son nouveau film au coeur de l'immensité sibérienne : l'histoire grandeur nature d'une amitié impossible entre un loup et un jeune nomade. Notre journaliste s'est rendue sur les lieux de ce tournage exceptionnel.

Aujourd'hui, c'est la nouba dans la taïga. On mange du cuissot de renne rôti au feu de bois. Quelques tentes blanches plantées dans la mousse forment le cercle villageois où s'égaient les enfants, oublieux des caméras qui tournent depuis le petit jour cette longue séquence difficile à mettre en place. Au centre, la table du banquet chargée des bols de myrtilles sauvages et du pain cuit sur les poêles de fonte, qu'on a sortis au plein air de l'été mourant. En Sibérie, à 1 300 mètres d'altitude, l'hiver n'est jamais loin : même au mois d'août, il suffit de creuser la terre spongieuse pour atteindre le permafrost, 30 centimètres sous la surface.

Après Le Dernier Trappeur, tourné dans le Yukon (Canada), c'est dans ce massif de Verkoïansk que l'explorateur Nicolas Vanier a choisi de réaliser son nouveau film, Loup. Un lieu de silence, de ciels immenses et versatiles où planent des oiseaux rares. En cette saison, une moquette de lichen détrempé tapisse le fond des vallées glaciaires, où les bottes s'enfoncent avec des bruits de succion. Avec le soleil, des escadrons de moustiques s'élèvent de la mousse pour un festin de sang. Bienvenue en Iakoutie, immense république des confins sibériens, que peuplent surtout des rennes et des loups.

Bien peu d'hommes, hors les chercheurs d'or et de diamants, les prospecteurs de charbon et de pétrole, qui fouillent le sol gelé de Sakha, l'autre nom de cette région dont la surface couvre un cinquième du territoire russe. Ici vivent les Evènes, peuple au visage de lune bistrée. Nomades parmi les rennes, dont ils sont les pasteurs, acteurs d'un affrontement vieux comme le monde : l'homme face à mère Nature, dans ce qu'elle a de moins charmant.
Hommes, femmes, enfants : un clan entier d'Evènes a participé au tournage du film.
Cette confrontation est au coeur de Loup, dont l'aventurier a achevé le tournage fleuve (quinze semaines, dont neuf en hiver) fin août, pour une sortie prévue à Noël 2009. Cette fiction, interprétée par une poignée d'acteurs français débutants et surtout une tribu d'Evènes authentiques, raconte l'amitié impossible entre un jeune nomade et une famille de loups. Une histoire plus facile à écrire qu'à filmer, dans un pays où tout est compliqué - climat, transports, rapports humains, administration.

Déjà, il faut y aller. De Paris, un avion jusqu'à Moscou. Puis un autre pour Iakoutsk, capitale plantée comme une verrue au bord de la Lena. Puis encore un coucou incertain qui rallie Khandyga. Arrivé là, on n'est pas rendu : reste entre quatre et cinq heures de piste caillouteuse à bord de l'un des Uaz (prononcer « ouaze ») de la production, un 4 x 4 tape-cul et quasi amphibie. L'hiver, la route est bonne, lisse sous la neige. L'été, c'est différent. Les antiques ponts de bois, maintenus par la glace, se sont effondrés aux beaux jours - alors on traverse à gué. La piste de la Kolyma porte un surnom de sinistre mémoire : c'est la route des Os. La route du goulag, construite par et pour les prisonniers. Pas un mètre carré de pierres concassées, dit-on, qui ne soit mêlé des os broyés d'un squelette. Et ce sur les 2 032 kilomètres qui relient Iakoutsk à Magadan, sur la mer d'Okhotsk...
Entre les deux : rien. Du moins jusqu'à l'hiver dernier. Depuis, un camp a surgi de nulle part, dressé au bord d'un lac. Une vingtaine de wagons métalliques abritant chacun trois doubles cabines spartiates, des cahutes en tôle pour les toilettes (un trou, des planches), trois générateurs, une cantine digne d'un restaurant d'altitude, et puis les banyas, version russe des saunas, où l'on se lave de vapeur brûlante et d'eau froide. De quoi loger la quarantaine de membres de l'équipe franco-russe, les dresseurs de loups canadiens, les figurants evènes. Et les chauffeurs russes, tous en treillis et rangers. La plupart ont servi en Afghanistan ou en Tchétchénie, dont ils ont gardé des silences inquiétants.

Le camp, c'est la prouesse majeure du film, un tour de force qui a son prix : environ 7 % du budget du film, estimé à 11 millions d'euros. Le village a été baptisé « Michautgrad », parce qu'il est l'oeuvre de Pierre Michaut, ancien pharmacien, oncle de Nicolas Vanier et l'un des piliers de ses aventures. Quand le producteur Jean-Pierre Bailly a donné son feu vert, en octobre 2007, c'est lui qui s'est collé à la logistique : « Nicolas a découvert le lieu à l'été 2007, le dernier jour des repérages, alors qu'on désespérait de trouver nos décors, explique Michaut. Il a fallu tout faire fabriquer et acheminer. » Autour, les paysages déploient une cinquantaine de sites différents, lacs, rivières, montagnes et collines, qui permettent aux caméras de prendre de la hauteur pour filmer un troupeau de rennes s'évanouissant dans le lointain.
La construction commence en novembre 2007, c'est-à-dire en pleine nuit, ou presque : entre quatre et cinq heures de jour quotidien, des températures qui descendent à - 55 degrés. Il faut faire vite : Nicolas Vanier veut tourner dès le 1er février. « Je voulais des images de grand froid, au-delà de - 35 degrés, explique le réalisateur. La lumière, les sensations sont alors très particulières. La respiration se transforme instantanément en givre. Tout est irisé. » A quelques semaines du premier tour de manivelle, le dresseur de loups canadien, Andrew Simpson, prend l'avion de Calgary pour voir où seront logés ses protégés. « Le camp était tellement loin d'être achevé qu'on l'a arrêté à Londres. On ne voulait pas qu'il prenne peur et refuse finalement d'amener ses loups ! » s'amuse Michaut.

Du grand spectacle pour un tournage extrême

Car, si les rennes et la plupart des Evènes sont certifiés made in Siberia, les loups, eux, viennent de l'autre côté du détroit de Béring. La vedette s'appelle Digger. C'est un grand fauve gris aux yeux jaunes. Avec quelques-uns de ses congénères, dont trois ou quatre boules de poil de quelques semaines, Digger « joue » ce jour-là la scène de la rencontre avec l'épouse du héros, Sergueï, Nastazia, interprétée par la Française Pom Klementieff. Les dresseurs ont cerné le décor avec des barrières mobiles, destinées à rappeler aux loups les limites du plateau plus qu'à les empêcher de les franchir. Ils obéissent au doigt et à l'oeil, conditionnés par des années de vie commune avec leurs maîtres. « Pour dresser les petits, on a dormi avec eux toutes les nuits », explique Sally, compagne et collaboratrice d'Andrew Simpson. Quand il est sage, Digger obtient le droit de coucher dans la chambre de son maître.
« Il fallait être un peu fous pour se lancer dans cette aventure, reconnaît Philippe Gautier, le directeur de production. Mais le froid ou l'éloignement ne sont rien comparés à la difficulté du pays lui-même. En Russie, les lois ne sont jamais les vraies lois, les tampons ne sont jamais les bons, les taxes changent en permanence... » Ultime péripétie lors de la dernière semaine de tournage, où l'hélicoptère affrété depuis des jours joue l'Arlésienne. Suspense. Les autorités délivreront-elles leur accord ? La météo sera-t-elle favorable ? Les prévisionnistes donneront-ils leur bulletin à temps ? Pour finir, l'engin arrive en retard. Motif : les mécaniciens ont touché leur paie, alors ils l'ont bue... et ne se sont pas réveillés.

A côté, la discipline des techniciens français tranche : levés avant le soleil, qui point à 4 heures du matin en cette saison, ils s'affairent pour préparer les scènes. Pas question de mégoter : Vanier veut du grand spectacle, il l'aura. Sylvain Bardoux, le chef machiniste, court d'un plateau à l'autre pour installer un rail de travelling de 20 mètres sur une butte artificielle ou hisser une grue sur un tumulus consolidé par des pierres. Avec Thierry Machado, l'un des deux chefs opérateurs, en passionnés d'alpinisme, ils forment un tandem abonné aux tournages extrêmes. Ça tombe bien : le lendemain, ils utiliseront une tyrolienne pour tourner des scènes de pêche, au bord d'une rivière glacée. Avant de plier les gaules pour dire adieu aux Evènes, aux rennes et à Michautgrad, vendu à un entrepreneur de ponts et chaussées pour y loger ses ouvriers. Michautgrad, moins le rêve...
Des Evènes et des rennes

Derniers nomades renniculteurs du Grand Nord, les Evènes forment un groupe de quelques milliers d'âmes, répartis en clans de 20 à 25 personnes. Le renne, ils le mangent de la langue aux boyaux. De sa peau ils tirent des bottes fourrées ou des manteaux douillets. De ses intestins, les cordages qui assemblent les bois des traîneaux.

Au début des années 1990, Nicolas Vanier rencontre ce peuple fier et frugal, écartelé entre un mode de vie millénaire et les lumières de Iakoutsk. A l'époque, il sauve un chef de clan de la dépression en lui fournissant... une jambe de bois. « J'ai vécu huit mois avec eux, partageant leur quotidien en parfait équilibre avec la nature, explique Vanier. Ils pourraient subsister 10 millions d'années dans leurs montagnes sans les abîmer. J'avais envie de montrer que l'homme peut être un prédateur intelligent, pas seulement un destructeur. » Pour les besoins du film, un clan entier a été mis à contribution. Tous les participants ont touché un cachet.

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 15:53

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 16:13

Loup le nouveau film de Nicolas Vanier

Loup le nouveau film de Nicolas Vanier
]Nicolas Vanier le baroudeur et réalisateur de film ayant toujours comme sujet la nature et les animaux, revient une nouvelle fois avec le film « Loup », comment pouvais-je ne pas en parler.
Les images sont sublimes et la présence de loups dans ce film nous donne encore plus envie de plonger dans celui-ci à la découverte des Évène et du grand nord.

Synopsis : Sergueï est un Évène, ces nomades éleveurs de rennes qui vivent dans les montagnes de Sibérie orientale. A l'âge de 16 ans, Sergueï est nommé gardien de la grande harde du clan de Batagaï.
Ce clan – dont le chef n'est autre que son père – est composé de quatre familles et de leur harde de 3000 rennes qu'ils conduisent d'un alpage à l'autre au gré des saisons. Dans cette
immensité, le loup rôde et menace en permanence les rennes ; unique richesse et fierté des Évènes.
Dès son plus jeune âge, Sergueï a appris à chasser et abattre les loups sans état d'âme. Jusqu'au jour où sa rencontre avec une louve et ses quatre adorables louveteaux va bouleverser toutes ses certitudes... C'est à cet instant que sa vie bascule.
Pour protéger « ses » loups, Sergueï va transgresser les lois millénaires de son peuple et ainsi trahir son père et son clan. Dans l'insouciance de sa jeunesse, Sergueï va braver l'interdit : le jeune garçon et les louveteaux vont mutuellement s'apprivoiser. Par amour, il partagera ce lourd secret avec la belle Nastazia. Mais c'est sans compter que le loup garde son instinct de prédateur...

Un peuple préservé

Au cours de ses premiers voyages dans le Grand Nord, Nicolas Vanier avait été déçu par l'image que les Indiens et les Inuits donnaient d'eux-mêmes : “Ils circulent à motoneige, touchent les chèques de leur gouvernement et sont souvent en proie à des problèmes d'alcool.
En revanche, quand j'ai rencontré pour la première fois les Évènes, au début des années 90, j'ai eu l'impression de remonter le temps, tant ils étaient à part. Ces hommes ne sont pas motivés par l'appât du gain car ils sont coupés du monde par les montagnes de Verkhoïansk qu'aucune route ne rejoint. Ils vivent en quasi autarcie dans un territoire grand comme la France. Leur nombre doit avoisiner les 2500. Ils mangent rennes, s'habillent rennes, vivent rennes puisqu'ils suivent les troupeaux dans leurs transhumances.”

L'harmonie avec la nature

Pour son premier long métrage de fiction, Nicolas Vanier s'est inspiré de son livre éponyme, Loup. “Les hardes sont regroupées une fois par an dans un village où une organisation se charge de la commercialisation de quelques têtes de troupeau. L'argent recueilli permet aux Évènes d'acheter sel, munitions, thé, etc. Mais les clans se croisent également dans l'année. Le film commence d'ailleurs par la visite d'un groupe voisin où naît une histoire d'amour entre le héros, Sergueï, et la belle Nastazia.”
Pour Nicolas Vanier, les Évènes incarnent l'harmonie parfaite entre l'homme et la nature :
“Ils sont l'exemple absolu de ce qui peut se faire de mieux en matière de vie durable. Si on revient les voir d'ici un siècle, il y aura autant de rennes, de mouflons et d'animaux sauvages qu'aujourd'hui. Ils font l'inverse de nous qui mangeons la poule au lieu de manger les oeufs.
Nous prélevons plus que de raison en réduisant le capital des générations futures. Cela paraît banal mais les Évènes ont compris cela depuis longtemps. C'est cette harmonie que j'ai voulu retranscrire dans cette fiction et c'est pour cela qu'ils ont accepté naturellement d'être acteurs de ce film car ils ont conscience du péril qui les menace. Ils parlent par exemple de compagnies russes qui braconnent et dévastent les forêts.”
Ce qui n'empêche pas les Évènes d'être heureux : “C'est un peuple qui rit de tout, en permanence. Ces hommes ont des rides de bonheur. Ils finissent par ressembler à ce qu'ils sont : des gens heureux. C'est l'un des sens du film. Un peuple qui n'a rien au sens que nous accordons au verbe “avoir”, mais qui a tout car les Évènes sont profondément et simplement heureux, ivres de liberté.”

Des loups en liberté
Pour les loups, Nicolas Vanier n'a eu recours à aucun artifice. “Tout au long de mes voyages dans les pays “d'en haut”, il m'est arrivé de croiser les seigneurs de ces terres sauvages. Parfois dans des face-à-face qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Je leur voue une véritable admiration. S'ils sont craintifs et ne s'attaquent pas spontanément à l'homme, le traîneau à chiens est en revanche le meilleur aimant à loups. L'attelage est alors considéré comme une meute concurrente sur leur propre territoire. Du coup, les loups s'approchent pour voir de quoi il s'agit... C'est ainsi que j'en ai vu beaucoup, vraiment beaucoup. Le loup demeure un animal impossible à apprivoiser. Pour le film, nous avons travaillé avec des loups un peu habitués à la présence humaine, mais pas dressés. Toute la complexité du tournage – le subtil équilibre à trouver en permanence – consistait à faire évoluer les loups librement afin qu'ils aient un comportement totalement naturel. C'est la marque de fabrique de mes films !
Il fallait inventer des systèmes, des combines, pour provoquer spontanément des déplacements, des attitudes, des actions qui servaient notre histoire...”




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# Posté le jeudi 19 novembre 2009 15:42

loup critique et histoire du tournage

loup critique et histoire du tournage

La critique d'Excessif

Loup, rennes, éleveurs et nomades. Depuis la nuit des temps, la survie des uns est intimement liée à la destinée souvent tragique des autres, mais Sergueï refuse de se soumettre aux lois de la nature qui permettent pourtant à son peuple de subsister dans le froid extrême de la Sibérie orientale. Avec Loup, Nicolas Vanier choisit de faire reposer son film sur l'émotion. Un peu trop parfois. La tendresse ressentie quasi instantanément par Sergeï lorsqu'il aperçoit quatre louveteaux au seuil de leur tanière contraste avec la rudesse de l'éducation évène qu'il a reçue. De fait, la scène manque de crédibilité. Idem lorsque le jeune garçon déplace la meute avec une facilité déconcertante, dans le but de la protéger des chasseurs, motif bienveillant que les loups semblent bien comprendre et accepter. Etrangement naïf. C'est d'ailleurs le principal reproche que l'on peut faire à Loup, jouer la carte de la naïveté et des bons sentiments. C'est acceptable dans un film destiné au jeune public, mais dont Loup ne semble pas avoir la prétention. Si le scénario est parfois un peu léger, difficile pourtant de ne pas reconnaître la beauté des images. Nicolas Vanier surprend en situant la grande partie de son action au c½ur de l'été sibérien. Bien que les scènes hivernales soient incontournables, Loup évite les stéréotypes des étendues enneigées à perte de vue.

Le grand talent de Nicolas Vanier est de mêler constamment réalité et fiction. La plupart des scènes ont été tournées avec de vrais nomades éleveurs de rennes, au c½ur même de leur bivouac. Seuls les personnages de premier plan sont des comédiens qui, afin de s'imprégner au mieux de la culture nomade, ont tous partagé le quotidien des Evènes un mois durant par -50° avec pour seule arme un lasso et des peaux de bêtes pour se protéger du froid. Nicolas Vanier privilégie sans cesse l'authenticité à l'artifice. Pas question donc pour le réalisateur d'utiliser des chiens ou même des animaux dressés. Ainsi, aucun des loups utilisés pour le tournage n'a été domestiqué, « ils étaient simplement plus ou moins habitués à la présence humaine », souligne Nicolas Vanier.
Des louveteaux filmés au c½ur de leur tanière à la meute constamment sur le qui-vive, en passant par des aigles et des écureuils, Loup est une ode à la nature qui soulève de vraies questions. La survie des peuples nomades est souvent abordée, la mutation des dangers qui les guettent aussi. On déplore toutefois que le thème de la déforestation, voire de l'urbanisation des plaines de Sibérie, ne soit qu'effleuré et que l'affrontement entre Sergeï et les convictions millénaires de son clan soit réduit à sa plus simple expression. Loup n'est pas la fiction écologique militante à laquelle on pouvait s'attendre, mais plutôt un conte original et bienveillant destiné au jeune public.


Infos tournage

Première pas dans la fiction

LoupAprès une multitude de documentaires pour la télévision, et le Dernier trappeur au cinéma, Loup est la première fiction de Nicolas Vanier, adapté de son propre roman éponyme sorti en 2008. Cependant, l'idée d'en faire un film a germé en même temps que la rédaction de l'ouvrage, peu après sa traversée de la Sibérie. La transition n'a pas été difficile pour le réalisateur, gardant une approche toujours documentaire, avec un tournage « dans les conditions du réel ». Au préalable, quelques comédiens français ( Mi Man Ma, Nicolas Brioudes) ont passé un mois aux côtés des deux clans Evènes recrutés pour le film, pour se familiariser avec leur mode de vie (apprendre à monter les rennes, à manier le lasso et adopter leurs postures).

Michaugrad

LoupLe tournage s'est déroulé en Sibérie, étalé sur deux saisons (six mois). Pour l'occasion, un camp fut construit près des décors pour loger une centaine de personnes, à 18h d'avion de la capitale, Yakoutsk (environ à 1000 km). Ce village éphémère fut baptisé « Michaugrad », en l'honneur du régisseur général Pierre Michaut, responsable de sa construction.

Les Evènes

LoupÉlément essentiel de Loup, la tribu des Evènes a une place chère au c½ur de Nicolas Vanier. Ce dernier avait été déçu par les Indiens et les Inuits, qui se sont éloignés de leur tradition et sont devenus sujets à l'alcoolisme. Lorsqu'il rencontre les Evènes, l'aventurier a « l'impression de remonter le temps, tant ils étaient à part », et passe un an en leur compagnie, coupés du monde par les montagnes de Verkhoïansk qu'aucune route ne rejoint. Ils sont 2500 à vivre en quasi autarcie dans un territoire grand comme la France. Pour le réalisateur, ils incarnent l'harmonie parfaite entre l'homme et la nature : « Ils mangent rennes, s'habillent rennes, vivent rennes puisqu'ils suivent les troupeaux dans leurs transhumances : c'est cette harmonie que j'ai voulu retranscrire et c'est pour cela qu'ils ont accepté d'être acteurs car ils ont conscience du péril qui les menace ». Dans le film, on retrouve deux clans d'une vingtaine de personnes avec lesquels il a noué des liens d'amitié durant son périple.

C½ur de loup

LoupAu gré de ses pérégrinations, Nicolas Vanier a eu l'occasion de croiser de nombreuses fois des loups, en traversant le Canada, l'Alaska, la Sibérie et la Laponie. Ces derniers font partie intégrante de sa vie, et, lui, de la leur. Il a partagé leur quotidien et pu être témoin d'évènements rares au regard d'un homme : les voir se chamailler, se battre, jouer, chasser, et pêcher. Privilège extrême : il a même approché une portée de louveteaux, avec l'« aval » d'une louve habituée à la présence quotidienne du baroudeur.

Loups libres

LoupNicolas Vanier possède une profonde admiration pour les loups, même s'il est impossible de les apprivoiser. Ce sont des animaux craintifs, se tenant à l'écart de l'homme. Ceux que l'on peut observer dans le film ont été choisi pour leur habitude, toute relative, à la présence de l'homme. Ainsi, le défi du tournage fut de trouver « le subtil équilibre permanent qui consistait à faire évoluer les loups librement afin qu'ils aient un comportement totalement naturel », en inventant des « systèmes, des combines, pour provoquer spontanément des déplacements, des attitudes, des actions au service de l'histoire ». L'autre difficulté a été de trouver des loups pour deux saisons, que l'on voit grandir, ce qui revient à trois portées de trois âges différents. Pour se faire, la production eut recours à Andrew Simpson, canadien qui avait déjà fourni tous les animaux sauvages du Dernier Trappeur.

Ils ont vu les loups

LoupPas moins de deux équipes de prise de vue ont été débauché pour tourner Loup. Dans la première, on retrouve Thierry Machado, déjà chef opérateur du Dernier trappeur, en charge des plans sous « conditions extrêmes ». Une seconde équipe s'occupe des séquences purement fictionnelles, confiées à Gérard Simon, un habitué des réalisations de Gérard Jugnot, mais qui a déjà filmé la nature avec Le Renard et l'Enfant. Dans cette équipe, Laurent Charbonnier a apporté son soutien durant l'été. Charbonnier a été le co-chef opérateur de L'Enfant des neiges de Vanier, et a travaillé avec Machado sur le Peuple Migrateur. On se souvient aussi de lui comme réalisateur du documentaire romantico-animalier, Les Animaux Amoureux (2007).


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# Posté le jeudi 19 novembre 2009 15:20

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 15:31

Loup

Sergueï est un Évène, ces nomades éleveurs de rennes qui vivent dans les montagnes de Sibérie orientale. A l'âge de 16 ans, Sergueï est nommé gardien de la grande harde du clan de Batagaï.Ce clan - dont le chef n'est autre que son père - est composé de quatre familles et de leur harde de 3000 rennes qu'ils conduisent d'un alpage à l'autre au gré des saisons. Dans cette immensité, le loup rôde et menace en permanence les rennes ; unique richesse et fierté des Évènes.Dès son plus jeune âge, Sergueï a appris à chasser et abattre les loups sans état d'âme. Jusqu'au jour où sa rencontre avec une louve et ses quatre adorables louveteaux va bouleverser toutes ses certitudes... C'est à cet instant que sa vie bascule.Pour protéger "ses" loups, Sergueï va transgresser les lois millénaires de son peuple et ainsi trahir son père et son clan. Dans l'insouciance de sa jeunesse, Sergueï va braver l'interdit : le jeune garçon et les louveteaux vont mutuellement s'apprivoiser. Par amour, il partagera ce lourd secret avec la belle Nastazia. Mais c'est sans compter que le loup garde son instinct de prédateur...

# Posté le lundi 16 novembre 2009 08:12

Modifié le mercredi 18 novembre 2009 15:41

Twilight 2 : Tentation - la critique

Twilight 2 : Tentation - la critique


Un nouveau réalisateur, mais malheureusement bien peu de changements de style dans ce nouveau chapitre, qui bénéficie toutefois d'un script moins mièvre, et surtout bien plus convaincant dans ses tentatives de développements narratifs et dans sa noirceur naissante.

- Dernière minute, le démarrage de Twilight Tentation

L'argument : "Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé." Abandonnée par Edward, celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ? Pour combler son vide affectif, Bella court après le danger et prends des risques de plus en plus inconsidérés. Edward n'étant plus là pour la protéger, c'est Jacob, l'ami discret et indéfectible qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu elle réalise l'ambigüité des sentiments qu'ils éprouvent l'un envers l'autre..."

Notre avis : La saga Twilight a démarré avec une historiette de vampire jolie comme tout, mais piètrement réalisée par une Catherine Hardwicke peu à l'aise avec l'aisance visuel du blockbuster et les effets spéciaux qui l'accompagnent. On pouvait donc se réjouir du changement de nom aux commandes de New Moon (Tentation, en français). Exit la réalisatrice de productions indépendantes (Thirteen), et bienvenue à Chris Weitz, ce bon vieux routier du prêt à visionner. Le choix est un peu étrange, l'ancien co-réalisateur d'American Pie est pour mémoire le responsable de l'échec de A la croisée des mondes : la boussole d'or, une autre saga adaptée d'un roman pour mômes, dont on risque bien de ne jamais voir la suite...
Au final, nos appréhensions face à cette décision décevante se confirment à une certaine échelle. Weitz, dont l'½uvre n'a jamais eu d'identité esthétique ne fait qu'appliquer les formules télévisuelles du premier volet. Une esthétique du samedi soir et des effets spéciaux qui sonnent vraiment faux, malgré un budget qui a doublé depuis le triomphe interplanétaire du premier numéro. Contrairement à l'évolution progressive d'un Harry Potter, notamment à partir du 3, vers une noirceur qui passait par un épanouissement de la réalisation, devenu obligatoirement accessible au plus grand nombre, y compris les adultes, Twilight 2 se veut donc d'un calibre plus limité et courtise à fond l'adolescente, cette spectatrice qui se contrefiche du folklore fantastique, aveuglée par les émotions sentimentales. Pour elle, seul semble compter le relief de la romance et la générosité physique des comédiens... A ce niveau Tentation ravira son public cible, et avec aisance !
Pour faciliter le processus d'identification avec son public des 12-16 ans, le film met en scène les tourments romantiques de Bella, et la dépression conséquente à sa première séparation. Son dandy vampire, Edward s'est enfui avec toute sa famille pour ne pas la mettre en danger et lui permettre de mener une existence normale, sans risque de finir damnée à jamais comme lui peut l'être (le dilemme de la damnation pèse d'ailleurs énormément sur l'intrigue). L'expérience isole la jeune fille du monde - de son père, de ses amis... Elle vit sa détresse seule, comme beaucoup de jeunes gens qui se coupent de la vie et en viennent à penser au suicide.
L'idée d'en finir est récurrente dans ce second chapitre. Le seul moyen dont Bella dispose pour apercevoir Edward, c'est de se mettre en danger : suivre un loubard (peut-être la pire scène du film !), se jeter du haut d'une falaise... Un besoin d'adrénaline et une pulsion d'autodestruction qui parlera aux jeunes spectateurs et qui rend le film beaucoup plus intéressant, voire audacieux que le premier. La justesse de jeu de Kristen Stewart, au personnage pourtant pas des plus sympathiques à travers son aveuglement amoureux, rend le malaise adolescent palpable. Tentation gagne en force dans sa trame et place les enjeux à un niveau plus élevé qu'un simple combat entre vampires dans une école de danse (cf. la fin du premier volet).
Si Chris Weitz échoue dans chaque tentative de tirer le film vers l'onirisme, le fantastique poétique et l'action terrifiante (l'attaque de la vampire rousse Victoria, est ridicule), son film est sauvé par le matériau littéraire originel. Le roman de Stephenie Meyer, publié en 2006 avec un succès phénoménal (36 semaines au sommet aux USA), prend enfin son envol avec l'introduction de personnages nouveaux, le clan des hommes loups, les Quileute, sortes de loups-garous qui, quand ils ne sont pas transformés en prédateurs gigantesques, sont des garçons aux torses invariablement nus (pour faire tomber les gamines comme des mouches ?). Il y a aussi les Volturi, une caste de vampire aristocratique, peu sympathiques, qui permet à l'action de voyager au-delà du cadre provincial du premier film. Ces nouvelles tribus, qui laissent deviner des rebondissements passionnants pour les prochaines adaptations de la saga Twilight, viennent donner du fil à retordre à Bella et au bel Edward dont l'ombre plane sur le métrage. Le personnage de Robert Pattison est curieusement physiquement absent des ¾ du film, supplanté par la présence grandissante de Jacob Black, un bellâtre tout aussi torturé par la découverte toute récente de ses pouvoirs surnaturels ; le jeune homme, amoureux protecteur de Bella, depuis le départ de Jack, se trouve être un lycanthrope.
C'est peut-être dans ce triangle amoureux que le métrage suscite le plus d'intérêt. La bestialité du jeune Taylor Lautner dans le rôle de Jack s'impose invariablement plus puissante que celle de Pattinson qui pâtira sûrement de cette concurrence directe dans le c½ur des spectatrices. En tout cas, il ressort de leurs relations, fort compliquées et sûrement un peu trop répétitives, un désir d'évolution vers une trame moins innocente. Bref, de ce chapitre 2, on ressent surtout la tentation des interprètes de s'endurcir et de s'encanailler. Il faudra attendre le 3e chapitre, Hésitation et le réalisateur David Slade (Hard candy ; 30 jours de nuit) pour que la saga prenne réellement son envol. Et devinez quoi, cette fois-ci, on attend vraiment la suite !

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 14:52

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 15:22

Twilight - Chapitre 2 : tentation

voila de quoi faire patientée ceux qui attende la suite avec impatience

"Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé.» Abandonnée par Edward, celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ? Pour combler son vide affectif, Bella court après le danger et prends des risques de plus en plus inconsidérés. Edward n'étant plus là pour la protéger, c'est Jacob, l'ami discret et indéfectible qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu elle réalise l'ambigüité des sentiments qu'ils éprouvent l'un envers l'autre..."

# Posté le mercredi 07 octobre 2009 16:30

Modifié le mercredi 18 novembre 2009 15:40